« Je me rappelle de ce jour où j'ai dit "qui m'aime me suive".
Depuis j'attends toujours même si personne n'arrive.
Cela va faire longtemps, déjà étant enfant à l'école
dans la cour mon meilleur pote était un banc.
Je compris à son contact que mes relations seraient dures,
qu'il fallait que je sache pour ne pas être déçu que les amis
tout comme lui je pouvais m'asseoir dessus.
Le samedi soir je regarde évoluer les êtres humains.
Ils vont souvent par deux, certains se tiennent la main.
Les miennes sont dans mes poches parce que j'attends quelqu'un
ayant dix ans de retard, voire plus je n'en sais rien.
Pour mon anniversaire mamie m'a donné dix euros : sensass'
ça me fera un pack de bières et un porno.
Je me sens bien derrière le rideau dans le vidéo club.
Nez à fesses avec plein de filles semblant toutes me dire "prends-moi".
Ok, d'accord mais bon pas toutes à la fois.
Un jour où ça n'ira pas j'irai m'acheter un chat, il sera blanc,
je l'appellerai "ma chérie les enfants".
Comme ça comme tout le monde le soir en rentrant chez moi
je pourrai dire : "ma chérie les enfants, je suis là".
Je me sens seul : ils ont coupé mon cordon,
depuis je n'ai plus été rattaché à personne.
Je me sens seul : chez moi tout est silencieux,
des ressorts de mon lit jusqu'à mon téléphone.
Je me sens seul : je n'ai pas beaucoup de forces,
j'aimerais que quelqu'un m'aide à partager ma vie.
Je me sens seul : je ne veux pas mourir maintenant,
j'ai trop peur que ma tombe ne soit jamais fleurie.
Je ne sais pas si être à deux c'est mieux pour être heureux,
mais c'est certain que être à un c'est forcément moins bien.
C'est ce que je me dis en faisant mes courses le vendredi soir
entouré de gens espérant comme moi qu'il n'est pas trop tard,
que désormais le célibat ne colle pas à leur peau comme l'acné
ou les points noirs du temps où ils étaient ados.
Il y a une fille qui me plaît dans le rayon raviolis.
J'essaie de pousser mon caddie avec un air sexy.
En choisissant mes pâtes je cherche quelque chose à lui dire
et préfère encore me taire afin d'éviter le pire.
Et comme d'habitude pour le week end je resterai seul chez moins
à manger des plats pour deux que je ne finirai pas.
La femme de ma vie j'aimerais tant la croiser demain.
Je l'emmenerais au Lido assis au bar de l'hôtle des Bains.
À nouveau seul au monde mais cette fois ci à deux,
je serais l'homme le plus heureux que la terre n'ait jamais vu.
Jusqu'à ce matin en se réveillant à côté de moi
elle s'apercevra que malheureusement elle ne m'aime plus.
Je me sens seul, croire le contraire c'est se voiler la face.
Les cercueils n'ont qu'une place. »
Depuis j'attends toujours même si personne n'arrive.
Cela va faire longtemps, déjà étant enfant à l'école
dans la cour mon meilleur pote était un banc.
Je compris à son contact que mes relations seraient dures,
qu'il fallait que je sache pour ne pas être déçu que les amis
tout comme lui je pouvais m'asseoir dessus.
Le samedi soir je regarde évoluer les êtres humains.
Ils vont souvent par deux, certains se tiennent la main.
Les miennes sont dans mes poches parce que j'attends quelqu'un
ayant dix ans de retard, voire plus je n'en sais rien.
Pour mon anniversaire mamie m'a donné dix euros : sensass'
ça me fera un pack de bières et un porno.
Je me sens bien derrière le rideau dans le vidéo club.
Nez à fesses avec plein de filles semblant toutes me dire "prends-moi".
Ok, d'accord mais bon pas toutes à la fois.
Un jour où ça n'ira pas j'irai m'acheter un chat, il sera blanc,
je l'appellerai "ma chérie les enfants".
Comme ça comme tout le monde le soir en rentrant chez moi
je pourrai dire : "ma chérie les enfants, je suis là".
Je me sens seul : ils ont coupé mon cordon,
depuis je n'ai plus été rattaché à personne.
Je me sens seul : chez moi tout est silencieux,
des ressorts de mon lit jusqu'à mon téléphone.
Je me sens seul : je n'ai pas beaucoup de forces,
j'aimerais que quelqu'un m'aide à partager ma vie.
Je me sens seul : je ne veux pas mourir maintenant,
j'ai trop peur que ma tombe ne soit jamais fleurie.
Je ne sais pas si être à deux c'est mieux pour être heureux,
mais c'est certain que être à un c'est forcément moins bien.
C'est ce que je me dis en faisant mes courses le vendredi soir
entouré de gens espérant comme moi qu'il n'est pas trop tard,
que désormais le célibat ne colle pas à leur peau comme l'acné
ou les points noirs du temps où ils étaient ados.
Il y a une fille qui me plaît dans le rayon raviolis.
J'essaie de pousser mon caddie avec un air sexy.
En choisissant mes pâtes je cherche quelque chose à lui dire
et préfère encore me taire afin d'éviter le pire.
Et comme d'habitude pour le week end je resterai seul chez moins
à manger des plats pour deux que je ne finirai pas.
La femme de ma vie j'aimerais tant la croiser demain.
Je l'emmenerais au Lido assis au bar de l'hôtle des Bains.
À nouveau seul au monde mais cette fois ci à deux,
je serais l'homme le plus heureux que la terre n'ait jamais vu.
Jusqu'à ce matin en se réveillant à côté de moi
elle s'apercevra que malheureusement elle ne m'aime plus.
Je me sens seul, croire le contraire c'est se voiler la face.
Les cercueils n'ont qu'une place. »